Alors que la mairie de Bruxelles s’apprêtait à célébrer le roi criminel Léopold II, une partie de la société civile manifeste et saccage sa statue

« Beaucoup d’entre nous en Angleterre considèrent le crime qui a été commis sur les terres congolaises par le roi Léopold de Belgique et ses partisans comme le plus grand crime jamais répertorié dans les annales de l’humanité. Je suis personnellement tout à fait de cette opinion. » Sir Arthur Conan Doyle (Le Crime du Congo).

 

 

Suite à l’hommage colonial de la ville de Bruxelles pour célébrer le roi Léopold II, accusé de crimes contre l’humanité et de génocide au Congo, une partie de la société civile  s’est réveillée et a suscité une telle polémique que la mairie de Bruxelles a du annuler sa manifestation pro-colonialiste.  L’hommage que voulait organiser, jeudi, la Ville de Bruxelles en l’honneur des 150 ans de l’intronisation de Léopold II, face aux protestations de nombreuses associations.

Malgré cette annulation, un contre-rassemblement a été organisé sur la place et la statue du roi Lépold II a été saccagée. En effet, durant le rassemblement, la statue du souverain a été vandalisée avec de la peinture rouge, censée rappeler les crimes sanglants commis durant la colonisation.

Il semble que celui qui est accusé par certains d’être le « Hitler » belge est encore porté très haut dans le coeur de certains élus et des autorités locaces belges. Du racialisme culturel ? D’un côté on prétend défendre les droits de l’homme en condamnant un humoriste franco-camerounais pour « incitation à la haine » et de l’autre on tente de faire l’apologie d’un roi considéré par un certain nombre d’historiens comme l’un des plus grands criminels contre l’humanité de l’époque coloniale. Et l’on ne parlera pas du sort réservé par les colons belges au premier ministre Lumumba élu démocratiquement au Congo.

Rappelons que Léopold II fut mis en cause  pour son action criminelle devant un Tribunal international. Les conclusions de la commission ne furent guère favorables au souverain qui fut contraint de céder le Congo à la Belgique en 1908.

De nombreux auteurs s’accordent pour estimer que le nombre de victimes congolaises pendant la période de domination coloniale sous l’ère du roi belge Léopold II se chiffre en millions d’individus (estimés entre 6 à 10 millions) [1,2,3]. Ce souverain décida à partir de 1855 de faire du Congo une extension du plat pays en y installant des comptoirs et en pillant ses richesses. Viols, meurtres, enlèvement, régime de terreur, les exactions sont impunies et le peuple congolais est exterminé dans tous les espaces résistants à l’envahisseur colonial (villages rasés, extermination des populations dans les territoires se refusant à la traite coloniale pour ramener le caoutchouc).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  1. David Van Reybrouck, Congo, une histoire, Actes Sud, 2012
  2. a et b Adam Hochschild, Les Fantômes du roi Léopold : Le terreur coloniale dans l’État du Congo, 1884-1908, éd. Tallandier, 2007
  3. L’Express Léopold II, saigneur du Congo

 

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