Sénégal : « si les APE sont signés, c’est la mort de la filière avicole » (InvestigAction)

 InvestigAction

Depuis 2002, l’UE négocie avec la CEDEAO un Accord de Libre Echange (ALE) dénommé APE. L’APE UE-CEDEAO prévoit une libéralisation à 75% sur 20 ans en 3 étapes (5 ans, 15 ans puis 20 ans)

Avant, les relations entre L’UE et les pays ACP en général étaient encadrées par les conventions de Yaoundé I (1963) et II (1975), puis la convention de Lomé I (1975), II (1979), III (1984) et IV (1990) puis l’accord de Cotonou en 2000. En ses articles 36 et 37, l’accord de Cotonou prévoyait des négociations pour un nouvel accord conforme aux règles de l’OMC et qui devait entrer en vigueur depuis le 1er janvier 2008.

Il est important que les Sénégalais en général et les acteurs de la filière avicole en particulier sachent, mais surtout méditent sur ce qui explique que la filière avicole soit passée :

- d’une production de volailles de 6 millions en 2005 à 24 millions de têtes en 2013 ;

- d’une production d’œufs de consommation de 324 millions en 2005 à 519 millions en 2013

- d’une augmentation de la production qui a été de 58% entre 2008 et 2013 augmentant de 11,66% alors qu’elle n’a été que de 21% entre 2000 et 2005 augmentant de 4,27% par an

A la 3e édition du « weekend-end » du poulet tenu les 12, 13 et 14 février 2016 à Dakar, le ministre de l’élevage a révélé qu’« en 2014, la filière avicole sénégalaise a produit 630 millions d’œufs » et 30 millions de poulets. Elle ajoutera : « cette performance de la filière avicole en 2014 a été enregistrée grâce à la mesure d’interdiction des importations des produits avicoles (….). C’est pourquoi, cette performance est fragile et qu’il faudra l’implication de tous pour la rendre pérenne »

Si nous ne connaissons pas l’histoire particulièrement économique dans le cas d’espèce, nous serons condamnés à la revivre. Pas exactement car l’histoire ne se répéterait pas. Du moins son bégaiement serait soit une farce soit une tragédie.

Tragédie, voila ce qui guette tous les citoyens sénégalais, particulièrement nos concitoyens acteurs de la filière agricole, si rien n’est fait. Tragédie pire que la fermeture de 75% des fermes avicoles et la perte d’environ 7 500 emplois qu’a connues le secteur entre 2000 et 2005. C’est ce qui a fait dire au président de la Fédération des acteurs de la filière avicole (FAFA) « si les APE sont signés, c’est la mort de la filière avicole, parce qu’elle n’est pas compétitive » lors de cette 3e édition du « week-end du poulet ».

Les acteurs de la filière agricole sont doublement menacés par la poursuite des politiques libérales. Menacés au même titre que les autres sénégalais par l’accord de libre échange qu’est l’Accord de Partenariat Economique (APE) (I). Menacés une deuxième fois en tant que acteurs de la filière avicole par l’APE et l’arrêt de la mesure d’interdiction de l’importation des produits avicoles au Sénégal depuis 2005 (II). Face à ces deux menaces, la coalition nationale non aux APE propose des éléments de perspectives pour répondre à la question « Que faire ? » (III).

I-Impact des APE sur les acteurs avicoles au même titre que les autres citoyens

Depuis 2002, l’UE négocie avec la CEDEAO un Accord de Libre Echange (ALE) dénommé APE. Avant, les relations entre L’UE et les pays ACP en général étaient encadrées par les conventions de Yaoundé I (1963) et II (1975), puis la convention de Lomé I (1975), II (1979), III (1984) et IV (1990) puis l’accord de Cotonou en 2000. En ses articles 36 et 37, l’accord de Cotonou prévoyait des négociations pour un nouvel accord conforme aux règles de l’OMC et qui devait entrer en vigueur depuis le 1er janvier 2008.

L’APE UE-CEDEAO prévoit une libéralisation à 75% sur 20 ans en 3 étapes (5 ans, 15 ans puis 20 ans).

La première conséquence que tous les sénégalais vont partager est celle de la baisse des recettes douanières.

La Direction des Etudes et de la Planification (DPEE) du Sénégal sur les APE, dans une étude de décembre 2012, intitulée :  » Les implications économiques et budgétaires des APE sur le Sénégal » conclut, sans équivoque possible, que « Les résultats indiquent que l’APE devrait conduire globalement à une contraction de l’activité économique, ainsi qu’à une baisse de la demande de facteurs de production (capital, travail) et du revenu des ménages. Sur le plan sectoriel, les activités les plus touchées sont le raffinage du pétrole, les BTP, les services et le secteur primaire, avec des pertes fiscales relativement importantes ». Pourquoi le gouvernement du Sénégal ne tient pas compte de cette étude ?

Le Sénégal a importé de l’UE en 2102 un total de 4,218 milliard d’€ et, après avoir calculé les DD ligne tarifaire par ligne tarifaire, le Centre Sud aboutit au fait que :

1) 86,1% de la valeur des importations du Sénégal venant de l’UE seraient libéralisées

2) que les pertes de Droits de Douane (DD) seraient de 115,142 M€ par an, soit environ 75 milliards CFA par an (le 36e du budget 2015 du Sénégal 2.776.782.000.000) dès le démarrage de la mise en œuvre de l’APE pour les produits du groupe A

3) auxquels s’ajouteraient 137,865 M€ des produits du groupe B, soit un total de 253 M€, dont la libéralisation s’étalerait sur 10 ans 4) puis s’ajouteraient 23,652 M€ pour les produits du groupe C, soit un total de 277 M€, dont la libéralisation s’étalerait sur 15 ans.

Autrement dit les pertes de DD se poursuivraient à 277 M€ par an au-delà de 2035. Compte tenu du détournement de commerce au détriment des importations du reste du monde qui seraient moins avantageuses pour les importateurs puisque continuant à supporter des DD, on peut donc ajouter environ un tiers de pertes supplémentaires à chaque étape du calendrier de démantèlement, soit à la fin des pertes d’environ 368 M€ par an soit environ 240 milliards FCFA par an à la fin du démantèlement (le 12e du budget 2016 du Sénégal et près de la moitié du PAPED du Sénégal).

240 milliards de FCFA c’est plus de 3 fois les 76,6 milliards de F CFA qui est le coût de résorption des 6.622 abris provisoires que compte notre système éducatif et qui ne peuvent être supportés par le budget national selon le ministre de l’éducation nationale. A perdre en un an !!! La Coalition Nationale dit NON AUX APE.

240 milliards de FCFA c’est le 1/3 des 817 milliards de FCFA injectés par le Japon depuis 1974 au Sénégal. A perdre en un an ! NON AUX APE.

Le Programme national de développement de la filière banane a besoin de 1,6 milliards de FCFA dont 1,5 milliards attendu des bailleurs. Programme de 3 ans qui compte amener la production nationale à 60.000 tonnes. Dont 15% soit 9.000 tonnes destinées à l’export et 25%, soit 15.000 tonnes représentant le segment haut de gamme. L’Etat n’a pas suffisamment d’argent pour financer ce programme et ils sont prêts à nous faire perdre 240 milliards de FCFA par an en signant les APE. Le Sénégal a besoin d’alphabétiser entre 2016 et 2018 (03ans) plus de 1.800.000 citoyens sénégalais dont les 67% sont des femmes, âgés de 9 ans et plus et n’ayant jamais été à l’école ou l’ayant quitté très tôt. Besoin de 105,814 milliards de FCFA en 3 ans soit 35,271 milliards par an pour ce plan d’accélération de l’alphabétisation. L’Etat n’a pas de ressources suffisantes pour cela et ils veulent nous faire signer un APE qui va nous faire perdre 240 milliards de FCFA par an. Soit plus de 2 fois le coût du plan pour alphabétiser ces 1.800.000 sénégalais. La Coalition Nationale dit NON AUX APE.

240 milliards de FCFA peuvent permettre la construction de 9.600 Km de piste ou de plus de 100 centres de santé équipés. A perdre en un an ! NON AUX APE. 240 milliards de FCFA c’est plus du double des 109.577.000.000 qui sont le coût du Plan d’actions global 2015-2020 de développement de la filière avicole. L’APE c’est un choc budgétaire de 240 milliards en moins pour un pays qui doit faire face aux défis du chômage, de l’éducation, de la santé, du changement climatique, du terrorisme, de la souveraineté alimentaire…et avicole

La deuxième conséquence va être la faillite de beaucoup de nos entreprises, de nos exploitations familiales paysannes…Les productions de l’UE coûtant moins chères vont concurrencer davantage encore les productions locales. Les conséquences vont être des fermetures, des licenciements pour motifs économiques, augmentation du chômage et de la pauvreté, baisse du pouvoir d’achat d’une bonne partie de la population…Même si la filière avicole devait être une île non affectée dans un océan de secteurs touchés par l’APE, la filière avicole du fait de la baisse du pouvoir d’achat ressentirait fortement les impacts de l’APE.

II) Impact de la levée d’interdiction de l’importation et de l’APE sur la filière avicole

L’évolution de la filière avicole sénégalaise démontre le juste propos de Christiane Taubira ancienne ministre de la justice de France, à l’époque député : « Il n’y a pas d’exemple d’ouverture de marché qui ait conduit au développement ». L’ouverture des frontières après 2000, suite à l’application du TEC UEMOA, a inondé le marché sénégalais de produits avicoles aux conséquences désastreuses pour la filière (fermetures de 75% des fermes avicoles et perte de 7.500 emplois) et, à l’opposé, la fermeture des frontières du Sénégal à toute importation de produits avicoles a boosté le secteur avec les résultats que l’on connaît.

C’est dire donc que la reprise des importations avec la levée de l’interdiction affectera durablement la filière. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. La dernière étude, confirmant en cela les précédentes, révèle que la filière avicole sénégalaise ne peut soutenir la concurrence des filières avicoles brésiliennes, étatsuniennes, européenne.

Ses performances ne sont pas l’expression d’une compétitivité véritable mais sont le résultat exclusif de la mesure d’interdiction des importations de produits avicoles. En 2005, le gouvernement du Sénégal prend une mesure suspensive des importations de produits avicoles au Sénégal avec l’Arrêté interministériel n°007717 du 24/11/2005 portant interdiction d’importer des produits avicoles et matériels avicoles usagés (Arrêté Ministère de l’Elevage – Ministère du Commerce). Cette mesure fait suite à l’apparition de la grippe aviaire. Depuis lors, le Brésil, les USA, l’UE font pression sur le Sénégal pour la levée de cette mesure d’interdiction. La compétitivité de la filière avicole est encore faible. 10 ans c’est trop peu pour combler le déficit de compétitivité de la filière avicole sénégalaise. C’est pourquoi, il est attendu des autorités sénégalaises la même conscience et clairvoyance qu’Ulysse Grant, président des Etats-Unis entre 1868 et 1876. Voilà ce qu’il disait : « Pendant des siècles, l’Angleterre s’est appuyée sur le protectionnisme, a mené à l’extrême cette politique et en a obtenu des résultats satisfaisants. Il ne fait aucun doute que c’est à ce système qu’elle doit sa force actuelle. Après deux siècles, l’Angleterre a trouvé commode d’adopter le libre-échange, car elle pense que la protection ne peut plus rien lui offrir. Très bien, Messieurs, ma connaissance de notre propre pays m’amène à croire que, dans 200 ans, quand l’Amérique aura obtenu du protectionnisme tout ce qu’elle peut offrir, elle sera elle aussi en faveur du libre-échange ».

Si le Sénégal met un terme à sa politique de protection de sa filière avicole cela va être la catastrophe économique, sociale, sécuritaire et de souveraineté. Comment le poulet sénégalais dont le prix de revient unitaire moyen du Kg est de 1.700FCFA peut-il concurrencer le poulet ivoirien à1.100FCFA, le poulet marocain à 802FCFA, le poulet français à 521FCFA, le poulet hollandais à 498FCFA, le poulet brésilien à 354FCFA et le poulet américain à 345FCFA ? Même avec 35% de droits de douane, le poulet américain qui reviendrait à 465,75FCFA et le poulet français qui reviendrait à 703,35FCFA…seraient 4 à 2 fois moins chers que le poulet sénégalais. Avec l’application des politiques libérales de l’OMC, matérialisées ici par la levée de l’interdiction des importations de produits agricoles et l’APE, ce sera la fin de la filière agricole sénégalaise du moins son confinement à sa plus simple expression. Le gap de compétitivité du poulet et des œufs sénégalais se creusera davantage encore avec l’APE. Car avec l’APE, le riz est la seule céréale exclue de la libéralisation. Cela veut donc dire que la filière avicole sénégalaise dépendra fondamentalement du maïs et des tourteaux de soja européen. Conséquence, ces céréales venant de l’extérieur coûteront à terme plus chers. La culture du maïs sera affaiblie au Sénégal. La filière avicole sénégalaise sera en insécurité totale. Alors, il faut non seulement protéger la volaille et les œufs, mais il faut également protéger et renforcer la culture des céréales locales comme le maïs.

Rappelons que la compétitivité de la production avicole brésilienne, étatsunienne, européenne a entre autres bases une production locale des céréales offrant ainsi des prix d’aliments de volaille bas et donc des prix de poussin compétitifs. Or, au Sénégal, 88% des charges de production du poulet sont constituées par le coût de l’aliment et celui des poussins.

« Là où le Sénégal produit 223 000 tonnes, avec un rendement de 1,5 t/ha, le Brésil en produit 80 millions de tonnes (5t/ha) et la Côte d’Ivoire 660 000 tonnes (2,2 t/ha). En conséquence, il y a un recours massif aux importations afin de satisfaire la demande locale. L’offre globale du maïs au niveau national est en progression annuelle.

La moyenne annuelle de l’offre de maïs sur les cinq dernières années s’élève à 362 000 T dont 66% issus de la production locale et 34 % des importations. Cependant, les importations de maïs évoluent en moyenne de 7% par année à cause de la demande de plus en plus croissante pour la consommation humaine et animale. Au cours des cinq dernières années, les importations de maïs ont évolué de 96 222 T en 2006 à 130 605 T en 2013 avec cependant une légère baisse enregistrée en 2011.

Par ailleurs, la faiblesse de la production de maïs consécutive à une pluviométrie insuffisante engendre des importations excédant annuellement 100 000 tonnes, renchérissant le coût de l’aliment de volaille. Le maïs, représente 55% à 58 % du coût de l’aliment. ».

Ainsi sur l’aliment de volaille, le Sénégal a un gap de compétitivité de 250% par rapport à des pays de l’UE et 350% par rapport aux Etats-Unis et au Brésil du donc à l’importation de tous les éléments entrant dans la fabrication de l’aliment de volaille à l’exception de la farine de poisson. Ce même manque de compétitivité est aussi traduite par le fait que « pour la production d’un kg de poulet vif, les charges en aliment montent à 1020 F CFA au Sénégal, soit 2 fois plus qu’au Maroc, 3 fois plus qu’au Brésil, en France, aux Pays-Bas et 4 fois plus qu’aux Etats-Unis. ».

Avec l’APE, les œufs seront libéralisés dès l’année 6 (début de la libéralisation : 6 ans après la ratification de l’APE), contre un droit de douane actuel de 5%. L’enjeu essentiel, qui risque de ne pas être perçu par les éleveurs, est celui des droits de douane (DD) sur les aliments du bétail, notamment sur le maïs et les tourteaux de soja. Le DD actuel de 5% sur le maïs passera à 0 dès l’année 6 et celui sur les tourteaux de soja de 10% avant le nouveau TEC, passera à 5% en année 10 et à 0 en année 15.

De même, comment peut-on mettre en concurrence le poulet sénégalais avec le poulet européen si on ajoute au manque de compétitivité sur l’aliment de volaille, un autre manque de compétitivité lié au prix du poussin d’un jour ? Ainsi, « les poussins d’un jour constituent le premier intrant en aviculture. Le prix des poussins reste encore élevé, malgré une production locale en croissance. Le prix du poussin représente 28% des coûts de production d’un poulet de chair. A titre comparatif, il est de 16% au Brésil et aux Etats-Unis, de 18% aux Pays-Bas et de 20% en France. Le coût du poussin ne favorise pas la compétitivité de l’offre avicole ; le poussin chair est vendu au Sénégal à 465 F CFA en moyenne, contre des prix deux (2) fois moins élevés en France et aux Pays-Bas et trois fois moins au Brésil et aux USA. ».

Un autre élément explicatif du gap de compétitivité est lié à la différence de prix des œufs à couver (OAC). 120,55FCFA sur le marché international. 270FCFA en moyenne, soit plus du double, au Sénégal.

La faible compétitivité avicole sénégalaise trouve également son origine dans sa faible productivité. Alors qu’après 45 jours le poulet sénégalais pèse 1,75Kg, le poulet brésilien pour le même nombre de jour pèse 2,2Kg, le poult allemand en 37 jours 2,2Kg, le poulet belge à 40 jours pèse 2,4Kg, le poulet français en 36 jours pèse 1,9Kg.

Ainsi, le gain moyen journalier en fonction de l’âge d’abattage des poulets de chair donne 39 g/j au Sénégal, contre 40g/j en Côte d’Ivoire, 53 g/j en France, 61 g/j au Royaume-Uni, 50g/j aux USA, et 62 g/j au Brésil.

Dans le domaine avicole, le libre échange signifie la lutte du pot de terre contre le pot de fer, l’aviculture sénégalaise avec les secteurs avicoles des autres pays de la CEDEAO constituant le pot de terre. Le gap de compétitivité est trop important pour parler de compétition. La levée de la mesure suspensive sur l’importation des produits avicoles et l’application de l’APE sont des armes de destruction massive de la filière avicole sénégalaise. Le coût économique, social, sécuritaire et en terme de souveraineté seraient tragiques.

III) Perspectives

« L’Afrique qui abrite 13% de la population mondiale, ne compte que 8% du cheptel avicole. Le continent africain participe pour 4% à la production mondiale d’œufs et pour 4,7% dans la production de viande avicole dans le monde. ». La CEDEAO est un marché de 300 millions de consommateurs. Voilà ce qui est en jeu. Et l’UE qui a perdu beaucoup de parts de marché dans plusieurs domaines n’entend pas rester sans rien faire.

L’APE c’est la réponse libérale, néo coloniale de l’UE à la crise qu’elle rencontre, c’est sa solution pour faire face aux pays dits émergents comme le Brésil et à ses concurrents traditionnels. Sauf que l’APE qui est l’expression d’un développement à tout prix, d’un développement dont le revers est inéluctablement l’aggravation du sous-développement, du chômage, de la pauvreté, de la vulnérabilité de l’Etat, d’une plus grande dépendance est inacceptable. Aucun patriote, aucun nationaliste ne peut, sans être coupable de crime de haute trahison, accepter, légitimer l’APE.

Ces menaces qui planent sur le Sénégal et la filière avicole en particulier exigent des menacés, des patriotes de ne pas se taire, de ne pas rien faire. Il faut :

- renforcer sur les plans de la qualité, de la quantité et du prix la filière avicole sénégalaise en accord avec les acteurs de la filière

- maintenir la mesure d’interdiction des importations de produits avicoles
- développer les intrants entrant dans la composition de l’aliment de volaille (maïs notamment)

- refuser l’APE (taxe anti APE ou réciprocité en termes de paiement par l’UE et la CEDEAO de droits de douane) en proposant une autre réciprocité (que les produits de l’UE et de la CEDEAO paient des droits de douane) ou en appliquant la proposition d’un fond de solidarité régionale (taxe anti APE) de la société civile ouest-africaine Dans cette perspective :

- sensibiliser les acteurs de la filière avicole et les citoyens sénégalais sur les enjeux et les menaces

- créer un rapport de force pour le rejet de la levée de la mesure suspensive des importations

- faire un lobbying auprès de l’Etat, des organisations politiques, de la société civile, des leaders d’opinion…

- mettre sur pied un cadre de prise en charge de ces taches, cadre de veille, de sensibilisation et de mobilisation

La Coalition Nationale NON AUX APE est engagée dans la lutte contre les APE. A partir d’aujourd’hui, la Coalition NON AUX APE se mobilisera également pour la protection et le développement de la filière avicole en luttant avec les différents acteurs combattifs de la filière contre la levée des interdictions de l’importation des produits avicoles.

- Non à la levée de l’interdiction des importations
- NON AUX APE
- Sama reew, sama askan,

Dakar, le 15 février 2016

Références :
- Compétitivité et stratégie de développement de la filière avicole sénégalaise (rapport provisoire), Afrique Emergence Conseil, Décembre 2014

- Les subventions de l’UE28 en 2013 aux exportations de céréales, viandes et produits laitiers extra-EU28, vers les pays ACP et l’Afrique de l’Ouest, Jacques Berthelot, le 9 juillet 2013

- Exportations de volaille et œufs de l’UE28 au Sénégal de 2012 à 2014, Jacques Berthelot

- La signature des APE va consacrer la mort de la filière avicole sénégalaise (acteurs), APS, 12 février 2016

- 630 millions d’œufs produits en 2014 au Sénégal (ministre), Ligne directe.sn, 13 février 2016

Source : Investig’Action

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