La victoire anachronique de Sassou nguesso (Le Monde)

La victoire anachronique de Sassou nguesso
Le Monde

Après trente-deux ans au pouvoir, Denis Sassou Nguesso a donc été réélu. Au premier tour, comme il l’avait annoncé. La victoire est sans appel, et nul ne s’en étonnera. Le chef de l’Etat de la République du Congo a recueilli plus de 60 % des suffrages, selon les résultats proclamés par son ministre de l’intérieur. Son succès aura pour autant bien du mal à recevoir un quelconque vernis démocratique. Comment, en effet, juger une élection  » transparente « , quand les résultats sont annoncés au milieu de la nuit, dans un pays où l’ensemble des communications sont coupées depuis la veille du scrutin de dimanche ? Comment la considérer comme  » équitable « , quand les moyens de l’Etat sont à la disposition d’un candidat, tandis que les opposants sont contraints au bricolage ? Ou quand le calendrier électoral est imposé par le candidat-président ? Comment, enfin, estimer que cette élection a été obtenue à l’issue d’une campagne apaisée, quand les quartiers de la capitale, Brazzaville, réputés frondeurs sont quadrillés par les forces de l’ordre, et que les journalistes, comme l’envoyé spécial du Monde et deux reporters de l’Agence France-Presse, se font agresser par des policiers en civil dans une évidente manoeuvre d’intimidation ? En guise d’avertissement, les manifestants qui s’étaient aventurés dans les rues, en octobre 2015, pour contester le vote d’une nouvelle Constitution, taillée sur mesure pour permettre à Denis Sassou Nguesso, bloqué par la limite d’âge et son nombre de mandats, de se représenter, avaient subi une répression qui a fait entre 4 et 20 morts. Puis en février, les partisans du général Jean-Marie Michel Mokoko, l’un des principaux compétiteurs de cette présidentielle, avaient été violemment pris à partie par des gros bras du régime, lorsqu’ils étaient venus accueillir leur candidat à l’aéroport. Les opposants congolais, qui dénoncent  » un hold-up électoral « , ont souvent longtemps frayé avec le pouvoir, et leur conversion à la démocratie est des plus tardives. Guy-Brice Parfait Kolélas, arrivé second selon les résultats officiels, a été un ministre de l’inamovible président et demeure un proche de l’extrême droite française. Jean-Marie Michel Mokoko a été le chef d’état-major des armées de M. Sassou Nguesso et serait impliqué dans une tentative de coup d’Etat contre lui…

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